Maman, tu sais…

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Maman tu sais parfois j’aurais voulu, mais je n’ai pas su. Maman, on s’est parfois fâchées. Maman on a eu des différents, des mots plus hauts que d’autres. Maman parfois on a parlé trop bas. Maman on n’a pas toujours su trouver les bons mots. On s’est emportées. Maman parfois je n’ai pas compris. Parfois on n’a pas pris le temps. On a su être dures, et d’autres fois trop faibles. Parfois on n’a pas reconnu et on s’est tues. Maman, parfois on aurait du, mais on pas pu. Maman tu sais, aujourd’hui je comprends. Maman tu sais… Je te dis merci…

Merci de m’avoir toujours appris à me dépasser,
Merci de m’avoir montré que je pouvais être fière de moi,
Merci de m’avoir inculqué de vraies valeurs,
Merci de m’avoir apporté un équilibre familial,
Merci d’avoir fait de tes enfants ta priorité,
Merci maman de m’être laissée m’en aller à mes 18 ans,
Merci de m’avoir fait confiance,
Merci de m’avoir toujours appris ce qu’était le travail,
Merci de m’avoir montré que la vie n’est pas simple,
Merci de m’avoir soutenue dans mes choix,
Merci de m’avoir laissé faire mes propres erreurs,
Merci de m’avoir laissé me construire ma vie,
Merci de m’avoir toujours aimée,
Merci d’avoir été toujours là quand j’en avais besoin,
Merci maman de respecter mon intimité,
Merci de me laisser gérer ma vie,
Merci de m’être laissée me relever seule parfois,
Merci maman de garder tous mes secrets,
Merci de me défendre,
Merci de me remettre les pieds sur terre quand il faut,
Merci d’être ma confidente,
Merci de m’avoir donné les armes pour affronter la vie,
Merci de respecter celle que je suis devenue,
Merci d’accepter qu’on puisse ne pas partager les mêmes idées,
Merci maman de ton éducation,
Merci de me connaitre aussi bien,
Merci de me pardonner mes erreurs,
Merci de te confronter à moi parfois,
Merci de ta discrétion,
Merci de savoir qui je suis, avec mes défauts et mes qualités,
Merci de redorer l’image que j’ai de moi quand d’autres la ternisse,
Merci maman d’avoir été là quand je suis devenue maman,
Merci d’avoir partagé ce bonheur avec moi,
Merci de m’avoir épaulée quand tu sentais que j’en avais besoin,
Merci de ne pas m’avoir demandé d’explication quand je pleurais,
Merci de m’avoir conseillé avec retenue,
Merci de respecter mes choix d’éducation,
Merci de m’aider quand je te le demande,
Merci de me laisser faire le reste du temps,
Merci de me comprendre aussi bien,
Merci maman d’aimer ma fille autant que tu m’aimes.

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Vis ma vie de maman expatriée – Mes indispensables pour bébé

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Voici ma check-list (non exhaustive) des petites choses que je conseillerais de prendre pour un départ en Afrique (moyenne ou longue-durée) avec bébé.

Mes indispensables :
– CasquetteS
– Chapeau
– Maillots de bain
– Un petit set de jeu de plage (seau, tamis, râteau, pelle)
– Crème solaire (mustela bébé/enfant)
– Crème après soleil (mustela bébé/enfant)
– Anti-moustiques bébé (moustidose dès 6 mois)
– Patchs diffuseurs (Mousti Fluid)
– Moustiquaire
– Sandales ouvertes (avec lanière pour protéger les orteils)
– Siège auto (prix fou en Afrique, qualité chinoise)
– Plusieurs tétines (en cas de perte)
– Attache tétine (qui s’accroche bien aux vêtements !)
– Couches (un petit stock)
– Lingettes humides (idem)
– Quelques petits pots industriels (voyages, déplacements…)
– Biberons
– Goupillon
– Poussette tout-terrain (mes plus : dossier qui permet de s’allonger, panier de rangement)
– DES PILES (pas toujours facile à trouver…et quand on est à court, bonjour la cata!!)

Trousse pharmacie :
– Doliprane sirop (pays chaud, privilégiez les sirops)
– Advil sirop (en cas de fièvre)
– Adiaril (en cas de diarrhée)
– Tiorfan (en cas de diarrhée)
– Urtigel (en cas de démangeaisons suite à des piqures)
– Thermomètre (classique)
– Crème pour le change (type bepanthen ou mitosyl + liniment)
– Rinotrophil (petit rhume)
– Mouche bébé (manuel)
– Talc (pays humides)
– Suppo glycérine + Duphalac ou Importal (constipation)
– Kit pansements / désinfectant
Médicament Coartem (mon INDISPENSABLE en cas de suspicion de malaria !! Il faut savoir que suivant les coins en Afrique, la Malaria (le Paludisme) est de plus en plus résistante. Parfois, elle ne se détecte qu’après 3 (voire 4, 5…) gouttes épaisses. En sachant qu’elle peut être fulgurante et mortelle passé un délai de 48h, je ne prendrai plus aucun risque pour ma fille. Si une grosse fièvre ne passe pas, je lui donnerai les cachets. J’ai pris cette décision à la suite du décès de la fille (2 ans) d’une amie dont la malaria n’a pas été détectée à la goutte et aux analyses).

Pour le quotidien :
– Vêtements légers
– Babygros coton
– Chaussettes + t-shirts manches longues + pantalons pour le soir (couverture maximale / moustiques)
– Serviettes et capes de bain
– Produits de toilette (sérum phy, gel dermo-nettoyant)

Ce qui ne m’a jamais servi :
– Combinaison plage (jamais réussi à lui enfiler / pas pratique)
– Sandales plage (impossible de les lui maintenir aux pieds)
Vous me direz, c’est pas ça qui a pris de la place dans ma valise….

Pour aider bébé à gérer le changement d’environnement :
– Prendre quelque uns de ses jouets préférés, pour le bain aussi,
– Recréer un espace personnel rassurant, notamment son lit (ses doudous, son mobile, ses peluches, son tour de lit habituel, sa veilleuse…),
– Le rassurer, lui expliquer, ne pas chambouler ses habitudes.

À savoir :
– Bébé a besoin de son propre passeport pour voyager,
– Prenez toujours votre livret de famille avec vous et un acte de naissance, on ne sait jamais!
– Bébé n’a pas besoin de son carnet jaune avant ses 1 an. Après il faut penser à le faire vacciner contre la fièvre jaune et emporter le carnet avec soi.

Et sinon, des histoires de maman expatriée y’en a aussi par ici :
Préparer un départ avec bébé
Boucler les valises avec bébé
Voyager en avion avec bébé
Anecdotes bébé en Afrique

Être maman ou quand les sens atteignent leur paroxysme #1

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La vue

– Bébé court 3 km devant vous? Pas besoin d’investir dans les dernières Bushnell-de-la-mort-qui-tue (faudrait peut-être que je pense à revoir mes références très bush-focus). Non il vous suffit de plisser légèrement les yeux (On s’en fout des rides! Ça va sors pas ta langue non plus!) et hop votre oeil snipe en moins de temps qu’il ne faut pour le dire votre enfant. Oui, oui, ce petit point là-bas de la taille d’une fourmis (comment ça mère indigne?? … Ha j’avais oublié de préciser? On est dans un parc, c’est lundi matin, y’a personne, on profite pour laisser courir bébé!)(bon ok, je suis pas inconsciente, c’était juste pour l’image!)

– Vous devenez un radar à bébé! Vous connaissez le jeu où est Charlie? Et bein, une maman universalise le genre avec la notion générique d’enfant. Supermarché bondé? Plage un 15 août? Ludikland un mercredi aprèm de vacances? Vous pouvez être sur que dans la foule vous saurez repérez une de ses couettes, un morceau de sa jupe, ou encore un bout de son écharpe effilochée..

– Ha, j’allais oublié. Accessoirement votre oeil développe une faculté qui l’apparenterait presque au microscope. Le moindre détail louche, étrange ou inopiné vous apparait agrandit version pachyderme. Un grain de beauté entre le pouce et l’index en deviendrait presque une tâche de naissance qui lui couvre la moitié de la main ou un bouton dans le pli du cou et on crie à la varicelle… (J’en fais trop? Bon j’admets.. Mais avouez que sans aller dans l’extrême on en vient à tout voir, non mais vraiment tout quoi!)

Une maman, ou l’exacerbation des sens.. CQFD.

De ces nouvelles qui glacent le sang…

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Depuis bientôt un an, nous sommes exilés au Nigeria pour le projet professionnel du Grizzly (poke Framboise) … Je n’ai jamais eu peur de quitter mon confort, je n’ai jamais eu peur de voyager, je n’ai jamais eu peur de découvrir un nouveau pays. Notre vie n’est pas des plus faciles ici, c’est vrai. On vit enfermé, on ne peut pas sortir sans gardes du corps armés, on est privé temporairement de notre liberté. Mais tout ça, on fait avec. Le plus important étant, pour nous, de rester tous les 3. Et pour moi il n’y a pas de plus grand bonheur que de voir le sourire de ma fille quand Papa Ours franchit la porte de la maison après sa journée de travail. Je cultive bien précieusement tous ces moments qu’on partage en famille, c’est mon bonheur à moi. Finalement, je me suis toujours sentie en confiance ici, sans jamais ressentir de danger, malgré tout ce qu’on entend sur le pays.

Mais aujourd’hui j’ai été bouleversée.. Aujourd’hui j’ai eu peur quand j’ai entendu aux nouvelles ce tragique enlèvement d’une famille et de ses quatre enfants au Nigeria. Je n’ai pas pu m’empêcher de me projeter. Oui nous sommes en “sécurité”, oui nous sommes bien “entourés”.. Mais qui peut parier sur l’avenir en toute confiance? Aujourd’hui je n’ai plus peur pour moi, mais je tremble pour ma fille. Les larmes me sont montées aux yeux quand j’ai entendu cette tragédie aux infos, j’ai été prise de crampes abdominales quand j’ai entendu que les enfants avaient été séparés de leurs parents. Je ne peux même pas imaginer leur désarroi, l’incompréhension et la terreur des plus petits.. Comment peut-on en arriver là?

Ma fille c’est toute ma vie… Alors j’ai peur! Je me surprends à l’observer du haut de toute son innocence avec inquiétude, je me surprends à la serrer très fort contre mon coeur alors qu’elle est sagement en train d’empiler ses légos, je me surprends à sursauter au moindre bruit sourd, je me surprends à avoir le souffle coupé en m’imaginant que ça puisse nous arriver…

Ça me perturbe, ça m’inquiète, ça me terrasse…

Alors je regarde autour de moi, tout est calme. Dans le golf, les derniers brins d’herbes verts résistent tant bien que mal aux rayons de soleil, le sourire est toujours présent sur les visages, les gardes se baladent nonchalamment avec leur Kalashnikov à bout de bras, les enfants courent et s’amusent, l’ambiance est sereine.. Oui, sereine.

J’essaye de me détendre entre compassion et impuissance, mais je ne peux m’empêcher de penser à cette famille perdue, isolée et dont le destin leur échappe…

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Vis-ma-vie de maman expatriée – bébé en Afrique

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– Je n’ai plus peur du rhume, mais du paludisme,
– Je n’ai plus peur des voitures, mais des vélos,
– J’ai peur des chutes de noix de coco,
– Je passe mon temps à répéter que non ma fille n’est pas un petit garçon (je pensais pourtant que la robe, la couette, et le rose seraient des indices assez explicites),
– Je couvre ma fille à l’intérieur et la découvre pour sortir (bonjour le choc thermique entre la clim à 25° et la température extérieure à 40°),
– Ma fille a goûté au fruit de la passion avant même de savoir ce qu’était une pomme,
– Elle n’a peur ni des serpents, ni des caméléons,
– Elle comprend aussi bien le français, que l’anglais, que le Swahili,
– Elle se balade en jupe et sandales toute l’année,
– J’ai appris à ne plus me formaliser quand ma fille patauge avec bonheur dans une flaque de boue, ou malaxe de la terre pendant des heures,

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– Elle est super sociable et passe son temps à secouer sa petite main dès qu’elle aperçoit quelqu’un et ils lui rendent bien,
– Elle joue avec les singes alors qu’elle ignore presque ce qu’est un chat,
– Ici elle est surnommée Lea-Brousse par son tonton Brousse,
– Elle est toute penaude quand elle court à la rencontre d’enfants africains et qu’ils s’enfuient en courant parce qu’ils ont peur des bébés européens,
– Elle prend parfois son bain dans une bassine au milieu du jardin,
– Elle a déjà fait du camping,
– Je lui ai appris à ne pas avoir peur du noir, et à me donner sa veilleuse pour la mettre à charger tous les matins en cas de coupure de courant,
– Elle passe son temps à jouer dehors, à courir et essayer d’attraper les lézards,
– C’est une casse-cou qui part à l’aventure et n’a peur de rien,
– Sa comptine préférée c’est “brousse, brousse, j’aime la brousse et la jolie savane”,

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J’ai tordu le cou aux idées reçues comme quoi c’est “inconscient” et “dangereux” d’emmener un bébé en Afrique. Elle y est heureuse, et nous aussi !!

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La constipation, ça me fait ch*er! (un comble non?)

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Encore un sujet des plus glamour en ce début de semaine, je vous l’accorde ! Mais c’est un véritable fléau qui me pourrit la vie.. Enfin bon, par procuration, parce que ça pourrit plutôt la vie à ma pauvre petite fille victime de ses intestins capricieux !!

Au début tout allait bien grâce à la magie de l’allaitement maternel évidemment.. On était au pays des déjections proliférantes et récurrentes, je pourrais facilement comparer tout ça à l’époque des 30 glorieuses! De celles qui t’envahissent un body sans crier gare, de celles dont tu sors pas indemne, de celles qui ne te laissent pas le choix que de passer par la case bain, gant de toilette et savon, tellement y’en a !!

Et puis un jour, tu arrêtes d’allaiter… Et là tu plonges en pleine période de récession… Tout se fait plus rare et les temps sont durs (sans mauvais jeu de mot!!!). Et là tu appelles un médecin qui te dit que la normalité pour un bébé est d’aller à selle entre 5 fois par jour et 1 fois par semaine (non mais ils sont sérieux???). Bref moi après 48h, un bébé écarlate et à bout de souffle, j’étais déjà dans tous mes états !! Je dégaine mon joker : le suppo à la glycérine. Efficace et pas cher (c’est la Maf que j’préfère….) franchement ça nous a tous soulagés !!! Bébé, Papa Ours, les voisins, la famille proche et éloignée, les amis, la boulangère… Oui, sachez le, maman qui angoisse = maman qui communique, logique implacable !

Loin de moi l’idée de crier victoire trop vite (ha bon, j’étais déjà en train de danser sur la table?) je me renseigne sur les astuces pour éviter la constipation chez bébé. On me parle de l’eau Hépar, on me parle de lait enrichi à la caroube, on me parle de ne pas tasser le lait dans le biberon, on me parle d’aider bébé en lui massant le ventre circulairement et en lui pliant les genoux sur le ventre…
Franchement si ça marche pour les autres, pour moi… Pas l’once d’une amélioration.. Même en combinant le tout, c’est dire !!!

J’avais toujours droit à des grimaces sorties d’on ne sait où, à un bébé contracté toute la journée laissant échapper des sifflements de dauphin (JE VOUS JURE!!) au moment de pousser. Bref je me suis retrouvée vraiment impuissante face à une situation qui m’échappait… Surtout que personne n’était capable de m’aider, à part pour me dire : “évite les suppos, son corps va s’y habituer et elle ne pourra plus se soulager sans ça….” Dommage pour moi, c’était la seule chose qui marchait !! Je vous passe le cercle vicieux dans lequel on s’est engouffré : je ne fais pas caca parce que j’ai mal, j’ai mal parce que je fais caca… Je pleurais autant que ma fille en essayant de la soulager.. Je trouvais cette douleur inhumaine !

Après avoir essuyé deux fissures, j’ai décidé d’affronter mon pédiatre en duel. Je vous refais la scène? Allez je vous la refais !

– Vous avez essayé l’hépar? Les pruneaux? La faire boire beaucoup d’eau? Un lait spécial transit? Une cuillère d’huile d’olive dans les repas? Un peu de miel? Du fenouil? Le jus de carottes crues? De l’orge perlée? …. (Et j’en passe…) tout ça pour finalement m’informer qu’elle avait surement un méga-côlon, que c’était fréquent et que ça allait se rétablir quand elle grandirait ! Bref, depuis elle est sous Duphalac chaque jour qui passe, et si j’ai le malheur d’oublier un jour, je vous annonce pas son état le lendemain..

Je pense avoir tout testé, mais si je suis passé à côté d’une solution miracle dont vous avez le secret… Je prends !!! Quant à moi j’ai une source presque inépuisable d’astuces et de bons plans contre la constipation chez bébé.. Donc n’hésitez pas 🙂

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Maman au foyer, salariée ou en congé parental : 3 questions, 3 visions.

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Voilà, nous y sommes. J’inaugure cette nouvelle rubrique | Chaque mois, 3 questions, 3 profils, 3 visions | qui je l’espère deviendra votre rendez-vous mensuel et un espèce de point de rencontre pour débattre tranquillement des sujets abordés.

Pour ce mois ci, 3 super mamans se sont prêtées au jeu des questions/réponses sur la maternité et le boulot. Elles se sont livrées sans langue de bois, défendant chacune leurs opinions et leurs choix de vie. Voici pour vous les témoignages de Mélanie Maman au foyer, de Marion en congé parental et d’ Élodie Maman salariée.

***

Maman au foyer | Ma Vraie Vie de MAF
{Mélanie, 36 ans, 3 enfants, Mère Au Foyer}
-Quand as-tu décidé d’arrêter de travailler pour te consacrer à ta famille? Cette décision t’as t’elle été facile à prendre?
Ca s’est imposé pour deux raisons. D’abord, j’avais un poste très exigent en terme de disponibilité, horaires flexibles, soirées/week-ends, déplacements à l’étranger… et je comptais beaucoup sur mon Homme pour gérer les deux aînées. Lui remettre un bébé sur les bras dans les mêmes conditions aurait signé l’arrêt de mort de notre mariage! Alors quand N°3 s’est annoncée, il n’y a pas eu débat, il fallait que j’arrête de travailler. D’autre part – et c’est un sentiment très personnel, qui n’engage que moi, sans aucun petit morceau de jugement caché dedans – je ne voyais pas l’intérêt d’avoir un autre enfant si c’était pour laisser les autres s’en occuper… oui, cette pensée aurait aussi pu m’effleurer au moment des autres naissances, mais elle ne m’a paru implacable que la 3ème fois…

-Ressens-tu un manque au niveau de ton épanouissement personnel?
Parfois, quand je vois les carrières fantastiques de mes anciennes copines d’école, ou quand je retrouve mes anciens collègues, j’ai le cerveau qui me démange… mais ça ne dure pas plus de 5 minutes. C’est vrai, je n’arrive pas à lire autant que je le voudrais, on oublie également le ciné, les expos, les concerts, mais ça ne durera qu’un temps, c’est comme le boulot, j’y reviendrai plus tard. Pour le moment, je suis ravie d’être dispo pour les activités de mes filles, pour accueillir leurs copains ou les accompagner en sorties scolaires. J’apprécie aussi vraiment de ne plus me réveiller en sursaut au milieu de la nuit parce que je suis en retard sur un dossier!… de la fatigue, il y en a, de l’énervement aussi, mais de stress plus, ça c’est un vrai luxe. Et surtout, depuis que j’ai recommencé à écrire et que j’ai lancé mon blog, je suis à nouveau très stimulée côté neurones, ce qui m’équilibre parfaitement!

-Essuies-tu des critiques de ton entourage ou au contraire comprennent-ils ton choix?
Avec trois enfants petits, les gens comprennent généralement assez bien ce choix, je n’ai jamais eu à me justifier. Par contre, certains – principalement des hommes, va savoir pourquoi… – pensent que je m’ennuie, que je tourne en rond, que je paresse tranquillement sur mon canap’ tel un chat au soleil… Je suis certainement plus cool qu’une maman qui doit jongler entre sa journée de boulot et sa 2ème journée à la maison, c’est évident, mais jusqu’à présent, je n’ai pas trop eu le temps de jouer au solitaire!

***

Maman en congé parental | Marion
{Marion, 27 ans, 2 enfants, en couple}

– Pourquoi avoir choisi de prendre ton congé parental ? Est-ce une évidence pour toi de reprendre le boulot après ça ?
J’ai choisi le congé parental parce que, pour mon premier enfant, j’ai commencé à travailler quand il avait 5 mois. C’est tôt, même si c’est souvent comme ça. J’ai confié mon fils à ma grand-mère qui est très dynamique mais, même si c’est la famille, elle le voyait plus que moi. Les premiers pas et quasi toutes les premières fois étaient plus avec elle qu’avec moi…
Pour mon deuxième j’étais donc sûre que je prendrai un congé parental d’au moins un an pour pouvoir profiter de tout ça.
Reprendre le boulot après est une évidence dans le sens où je pense que je n’ai pas le choix, il faut bien que je travaille pour me constituer une retraite mais je n’en ai aucune envie.
J’ai prolongé mon congé parental pour une année, et je prolongerai encore jusqu’à ses 3 ans. Et si entre-temps je trouve une idée lumineuse pour pouvoir bosser à domicile je le ferai.

– Comment cela a-t-il été perçu de la part de ton employeur ? De tes collègues ?
Les collègues m’ont encouragée et j’avoue que ça m’a fait du bien d’entendre ce que je voulais entendre “On a qu’une vie, profite de tes enfants”.
Le plus dur dans l’histoire ce n’était pas de choisir le congé parental mais de l’annoncer à ma responsable. Elle comptait beaucoup sur moi et je n’aime pas décevoir les gens.
Elle a relativement bien encaissé la chose, ce qui m’a rassurée aussi. Puis elle m’a dit récemment : “Ta place t’attend bien au chaud, ne t’en fais pas”. C’est important pour moi de savoir que je ne suis pas oubliée !
Voilà, avec des collègues et une responsable sympas j’arrive à être sereine en congé parental. Moi la stressée de la vie.

– Penses-tu qu’il te sera facile de te séparer de ton bébé après 3 années avec lui?
Ça ne va pas être facile parce que je sais que, quand je vais reprendre, en plus de la maternelle et de l’école, ils devront faire de la garderie le matin et le soir ou que je prenne une nounou. J’ai pas envie… Mais bon, je peux pas rester là jusqu’à ce qu’ils rentrent au lycée… Je peux pas hein ? C’est ça c’est 3 ans ? Bouuuh…
Ça va être dur, même si reprendre une vie sociale ne me fera pas de mal, je me sens bien dans cette vie de Maman à plein temps, pouvoir profiter de mes enfants et les voir grandir.
Façon je m’en fous voilà ! Bientôt je lance le numéro 3 !

***

Maman salariée | Les Tribulations d’une Poulette
{Elodie, 29 ans, 2 enfants, Valentin 4 ans et Julia 20 mois. Professeur des écoles et maman blogueuse à mes heures perdues}

-Si je te dis “maman au foyer” qu’est ce que cela t’évoque?
J’ai un modèle familial de mère ayant travaillé à plus ou moins plein temps alors que nous étions 6 enfants.
Je ne pourrais pas l’être, du moins pas avec des enfants en si bas âge qui demandent quand même beaucoup, beaucoup d’investissement personnel. Quand on s’engage à être mère au foyer par choix et pas par obligation(nourrice trop chère ou absence de moyen de garde), c’est qu’on se sent capable d’être le référent principal en matière d’éducation. On est l’acteur principal. Pour ma part, j’ai toujours été contente de reprendre le travail. Pour Julia, j’aurais préféré que cela soit plus tard car nous avons eu toutes les deux des début houleux et quand cela se fût calmé, il était temps de reprendre.
J’ai un bref aperçu de ce que représente cette vie de Mère au Foyer quand je suis en vacances, seule à gérer mes deux loulous à la maison et bien…Point trop n’en faut! J’apprécie ces moments mais la routine dans laquelle je m’installe me déplait. Je préfère le rythme plus soutenu de la semaine, ponctué de l’accalmie du week-end.
Par ailleurs, j’ai besoin de reconnaissance professionnelle. Je pense bien me débrouiller et faire mon métier avec passion, il n’est pas juste alimentaire, c’est une vocation. J’aime avoir des collègues, je suis une grande sociable, j’adore bavarder, partager, échanger, et le huis clos de mes tout-petits, bien qu’ils deviennent de plus en plus interactifs me ronge un peu quand je dépasse les quelques semaines. Ca peut choquer, d’un premier abord, comment? Elle fait des enfants et si elle les a trop, ça la saoule?
Ce n’est pas cela que je dis: je ne me définis pas par ma maternité. Je me définis par ma maternité, mon métier, ma créativité et ma vie de femme.
Dernière chose, je suis dépensière. J’aime m’acheter des conneries, du maquillage, des livres à lire, des livres de psychologie, des livres sur la maternité, des albums, des livres de couture ou de loisirs créatifs. J’en achète 2 à 3 par mois. Cela représente un sacré budget et je ne me le permettrais pas si je n’avais pas une réelle indépendance financière.
J’entends bien en revanche qu’être mère au foyer ne doit pas être assimilé à dépendance financière. C’est un vrai boulot, un investissement complet, beaucoup de patience, que soyons honnêtes, beaucoup de mamans qui bossent n’ont peut-être pas à l’égard de leurs propres enfants.
Et enfin, je trouve que mon mari a un regard très positif voire parfois admiratif sur mes capacités à me multiplier. Il m’aide beaucoup, s’occupe de manière quasi égale des petits, fait le ménage, la cuisine(faut le féliciter, certes, mais il la fait et plutôt bien!!), il me laisse des week end entre copines de ci, de là, et en contre partie il a les siens. Il y a un réel équilibre dans le couple de cet aspect là, même si je prends les chose beaucoup plus à coeur (maladie des enfants, scolarité du grand, pleurs, etc…).
Je conclurai par cette phrase: être mère au foyer demande une fibre maternelle hyper développée que j’admire.

-Arrives-tu à gérer boulot et famille? Ne te sens-tu pas “frustrée”, parfois, de rater des moments avec tes enfants?
Oui et Non.
J’arrive à gérer boulot et famille parce que j’ai un mari aidant et présent. Mais ma maison est très souvent pas forcément bien rangée, on mange pas boeuf bourguignon le soir en semaine, j’ai des piles de linge énormes mais ENORMES le vendredi soir, à plier et ça me rend parfois dingue. Je suis souvent à fleur de peau et fatiguée. Mes journées de femme qui travaille devraient durer plus de 24h! Alors que lorsque je suis à la maison, 24h suffisent.
Et oui, je suis frustrée.
Frustrée de ne jamais emmener mon enfant à l’heure de l’école le matin, ni de le récupérer à la sortie.
Frustrée d’être toujours pressée quand je le dépose et quand je le récupère, probablement à son détriment.
Frustrée d’être une maman fantôme à l’école de mon enfant, de ne pouvoir discuter comme je veux avec la maîtresse de mon enfant ou de ne pouvoir créer des liens avec d’autres parents, accentuant le fait que nous sommes toujours sans connaissance dans ma ville. Par contre nous avons des ATSEM très professionnelles qui ont des connaissances épatantes sur les enfants, ce qui me permet d’avoir un sacré retour sur mon enfant.
Frustrée de devoir me torturer la tête chaque fois que l’un de mes enfants est malade: je le garde, je le garde pas, et mes élèves et ci et ça??
Frustrée que ma fille soit en manque de moi et me colle de manière plutôt négative le soir. Elle manifeste son manque par des pleurs, des gémissements et de la demande de bras constants le soir en semaine.
Mais heureuse d’avoir une vie sociale très remplie en dehors de la maison. En réalité, c’est primordial pour moi: je ne vis pas dans ma région de naissance, tous nos amis ici vivent dans un rayon de 50 KM et nous n’avons quasi pas de famille à proximité. Autant te dire que si j’étais à la maison, je tournerais vite en rond…
Après, je pense leur donner du temps de qualité quand je suis avec eux et je pars du principe que lorsqu’on aime, et qu’on aime bien, si l’équilibre on le trouve en mixant plusieurs choses, et bien, mieux vaut du temps de qualité qu’une quantité négligée…
Comme il vaut mieux une maman qui assume un choix qu’une maman qui subit un choix pour la société ou par crainte du qu’en dira-t’on.
Par contre je ne rechignerais pas sur un mi-temps qui me permettrait d’allier mon travail, mes passions et mes enfants sans me sentir pressurisée tout le temps.

-T’arrive t’il de regretter ce choix ou au contraire ton travail fait partie intégrante d’un équilibre qui conduit à ton épanouissement personnel?
J’espère ne pas être redondante. OUI, mille fois OUI, mon travail fait partie intégrante de mon épanouissement personnel. En plus de cela, il me donne un autre regard sur mes enfants, un regard plus distancié, peut-être plus objectif. Je n’en sais rien en fait. Ce que je vois au travail, et de me voir raconté mes enfants par d’autres personnes est aussi assez constructif. Je ne sais pas si j’arriverais à faire la part des choses autrement. Surtout quand on a d’autres enfants dans son entourage, forcément, on compare, on se demande si le notre est intelligent, débrouillard et tout…
Je suis une personne qui a besoin du regard de l’autre pour se sentir “importante”. Je sais que ce n’est pas bien mais par le biais de mes réussites professionnelles, je me sens vivre, je me sens épanouie. Je suis l’aînée de 6 enfants, et forcément, comme j’ai toujours été autonome, il allait de soit que ça fonctionne, que ça roule. Ca a formaté mon comportement et mes attentes d’adulte. J’ai besoin d’être encouragée, félicitée, émulée par et à travers les autres.
Je n’ai JAMAIS regretté le fait d’être une maman qui travaille. Dans ma tête, cela a toujours été ainsi. Quand j’étais enceinte de Valentin, on m’a dit “tu verras, comme beaucoup de mères, tu cesseras un peu de travailler”. J’étais sûre que non. J’ai repris aux 3 mois de mes bébés, à chaque fois, juste après le congé mater.
Je ne rêve pas d’un répit, mais mon corps tire parfois la sonnette d’alarme. Enchaîner deux petits, travailler avec des enfants, mon cerveau est constamment en mode vigilance Orange. C’est pas comme si je me réfugiais dans un monde d’adultes sitôt la porte du travail franchie. Les enfants, c’est le monde dans lequel je suis baignée TOUT le temps.
Dans l’idéal, un petit mi-temps, ça serait chouette…

***

Mise en perspective, une jeune femme sans enfant nous donne son avis sur la question.
{Amélie, 28 ans, professeur des écoles en couple}
Je rêve de maternité, au sens large : le bébé dans le ventre, les câlins après etc … J’aime mon métier, je le vis à fond, trop à fond, il m’arrive de ne pas relever le nez de mes cahiers pendant des heures et des heures à la maison… donc ça me fait extrêmement peur de ne pas réussir à me donner à fond pour les deux…Conciliation ou pas?? J’aimerais réussir à concilier les deux, étant trèèès perfectionniste, ma hantise serait de bâcler l’un ou l’autre ! Je veux continuer à avoir une activité professionnelle, parce que je pense que même si je râle sans cesse, je pense que ça m’épanouit, j’aime voir dans les yeux des ptits bouts que ce que je leur propose les intéresse, qu’à force de persévérance on y arrive… mais je respecte tout à fait le choix des autres femmes. Quand j’aurai un enfant, j’aimerais m’octroyer 6 mois après le congés maternité. Nous avons déjà parlé de crèches avec mon Homme. J’ai besoin d’aller travailler, d’avoir ce contact avec “la connaissance”, en perpétuelle quête de savoir. J’aurais aimé reprendre mes études pendant un congés parental mais je reste réaliste, déjà sans enfant je n’ai le temps de rien.

Le débat continue ici… Et vous qu’en pensez-vous? Vous êtes plutôt maman au foyer ou maman au boulot ? Choix personnel ou choix imposé?

Une vie de souvenirs | une guerre | un retour aux sources – Rwanda #3

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[ Voilà une petite tranche de vie, non pas pour attirer la compassion mais simplement parce que vous avez été nombreux à me demander pourquoi je parlais du Rwanda – pourquoi j’y semblais tant attachée – quelle était mon histoire ?]

Je suis blonde, j’ai le teint clair, j’adore faire du shopping, je suis de nationalité belge, j’ai vécu quelques 18 années en France, j’apprécie mon confort… Mais je crois que si je creuse au plus profond de moi-même, je ne me suis jamais sentie autrement qu’Africaine. J’ai longtemps mis cette perception entre parenthèses, parce qu’il le fallait, parce que la vie a suivi son cours sans m’attendre. Mais j’ai récemment redécouvert cette attache ancrée au plus profond de moi même. Cette attache à la chaleur de la vie africaine, à son peuple convivial, à ses paysages à couper le souffle, à son rythme de vie.

Mon attache à ce pays tient surement à mon histoire, à mes origines. C’est notre patrie familiale depuis des générations… Quand mes grands-parents, mes parents, ma famille me racontent des anecdotes de leur enfance elles sont toutes empruntes d’aventures, gorgées de soleil, et de saveurs exotiques. Je pourrais passer des heures à les écouter, ils me transportent avec eux dans les plaines aux lions, dans les volcans en irruption, dans les bananeraies, à profiter de la vie simplement et de toute ses beautés loin de toute superficialité.

J’y ai vécu 7 ans.. 7 années que j’ai longtemps enfouies loin en moi, loin de moi?

Il me reste quelques flashs.. Qui tendent doucement à se transformer en souvenirs.. Partagés entre douleur et bonheur.. Quelque part entre les deux.. Intenses et doux à la fois..

Douloureux parce qu’on a quitté ce pays dans de terribles conditions… Ça a commencé le 6 avril 1994… J’ai voulu oublier.. J’ai oublié… Aujourd’hui je commence à baisser ma garde, aujourd’hui je peux me laisser aller..Aujourd’hui je suis prête à me souvenir sans me laisser envahir..

Je me souviens de mes parents sur la terrasse qui rentrent tremblants à l’intérieur parce qu’une grenade vient de les effleurer.. Je me souviens de ces nuits rythmées au son des balles, je me souviens du sang qui coulait, je me souviens de mes parents qui jouaient au billard en se disant que ce ne serait qu’une passade, je me souviens des corps mutilés dans les caniveaux, je me souviens de cette ambiance lourde et sombre, je me souviens d’avoir su lire la peur sur les visages, je me souviens de ce camion de marchandises qui est venu nous chercher, je me souviens qu’on a pris juste un sac en se disant qu’on allait revenir, je me souviens qu’on a du se cacher, je me souviens des soldats qui nous entouraient, je me souviens de cet avion de l’armée dans lequel on a été rapatriés..

Images si floues et pourtant si claires parfois… Je ne comprenais pas tout ce qu’il se passait autour de moi, mais j’ai vu… On y était.. En plein dedans.. On a été témoins de ce terrible génocide..

Je me souviens de ces cauchemars qui m’ont hanté pendant un an,
Je me souviens de cette peur viscérale quand j’entendais un feu d’artifice,
Je me souviens de mes parents devant reconstruire leur vie après tout avoir perdu,
Je me souviens de notre tristesse quand on apprenait la disparition tragique d’un ami,
Je me souviens de mes parents qui me disaient que plus jamais ils ne retourneraient là bas…

Et pourtant …

Ce sol rouge fait partie de nous… Notre histoire reste inexorablement liée au sol africain, quand on y pose les pieds on s’y sent simplement chez nous. Ce pays aux milles collines, ce pays où tant de choses restent à découvrir, ce pays où le peuple a peu à offrir mais est prêt à tout donner, ce pays où le sourire ne quitte aucun visage…

J’y suis retournée pour la première fois il y a deux ans.. Rejoindre mes parents qui sont repartis s’y installer.. Un peu perdue, entre appréhension et envie.. Comment un pays peut-il se relever d’une telle épreuve?

Et quel bonheur !! Quel bonheur de se rapprocher des bonheurs simples et sains de la vie. Quel bonheur de redécouvrir cette vie dont j’avais tant entendu parler. Quel bonheur de discuter avec avec un inconnu en toute simplicité. Quel bonheur de se sentir en sécurité partout et tout le temps. Quel bonheur de trouver une nature encore si belle et préservée.

Même si après toutes ces années il m’est encore impossible de regarde un film comme Shooting Dogs, même si aujourd’hui ma sensibilité est toujours exacerbée quand on me parle génocide, même si aujourd’hui je comprends… Quel bonheur de t’avoir retrouvé, toi, Rwanda ! Je n’en avais aucune idée mais tu m’avais manqué…

Pour le plaisir, parce que j’adore … un morceau de Wyclef Jean à propos de tout ça …

Une nuit en Tented Lodge à l’Akagera – Rwanda #2

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Si vous avez raté notre nuit au nord de l’Akagera et la visite d’une hyène sur notre campement c’est par ici !

Après une nuit de camping pleine de rebondissements, nous voilà parti pour rejoindre le sud du parc, mon frère nous ayant offert une nuit dans le Tented Lodge à Ruzizi, tout juste inauguré.

On a traversé le parc sans s’arrêter fatigués par la journée de la veille… Et l’attaque des mouches Tsé-tsé n’a fait que nous y encourager ! Après 2h30 de pistes, de bosses, de dérages dans la boue, on arrive enfin au Sud. On traverse des forêts aux lianes insolentes, on passe devant des lacs aux Papyrus envahissants, on trouve des phacochères indifférents rasant l’herbe, quelques timides waterbuks nous dévisageant.. Et puis bien sur les impalas, les grivets, les babouins…

Quand enfin on arrive dans ce petit paradis terrestre !!

Après avoir ramassé ma mâchoire tombée quelques mètres en arrière, on s’approche… On observe tout aux alentours, la finesse des détails. C’est juste magnifique ! On est accueillis avec un jus de maracuja frais, on entend les hippos grogner (ronfler?) qu’on surplombe de quelques mètres, en écarquillant bien les yeux on aperçoit déjà des bébés crocos se prélassant au soleil … On apprécie ce beau tableau !

On passe de passerelle en passerelle pour aller jusqu’à notre tente.. Tente grand luxe ! Déjà la vue est imprenable … Le lit (oui un lit, un vrai, grand confort !!) est immense et je fonds de bonheur à la seule vue de la salle de bain, rêvant déjà d’y buller avec vue sur les impalas ! Les tentes sont toutes fournies en énergie solaire et soucieuses de l’environnement, et vraiment, le Lodge se fond parfaitement dans le décor comme s’il avait toujours fait partie de cet environnement.

Après nous être décrassés on va se balader sur la terrasse du Lodge. Splendide… La nuit commence doucement à tomber, on se pose au coin du feu avec une vue sur le lac éclairé par la lune. On se détend avant notre Night Drive. Pour 40$ par personne vous pouvez vous offrir une balade de nuit dans le parc et observer la vie noctambule des animaux.. À la recherche des prédateurs (yeux scintillants rouge dans le noir) on a entr’aperçu des crocodiles.. On a pu voir quelques genettes.. Et on est passé à côté du léopard !!!!! À cinq minutes près il aurait été dans nos phares…. On a donc juste pu savourer ses traces de pas laissés dans le sable… Un peu déçus forcément mais optimistes, on se dit que ça nous donne une bonne raison d’y retourner !!!!!

Et vous des vacances aventurières ça vous tente?

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Amoureuse [défi du jeudi par Sysy & MaCyMa]

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Je suis amoureuse…

Amoureuse passionnée, amoureuse furtive, amoureuse blessée, amoureuse engagée, amoureuse déboussolée, amoureuse craintive, amoureuse excessive, amoureuse ardente, amoureuse mesurée, amoureuse timorée, amoureuse pudique, amoureuse naïve, amoureuse effrénée…

Autant de paradoxes qui nourrissent la complexité de l’amour et qui l’attisent chaque jour qui passe… Un amour avec ses hauts et ses bas, un amour qu’on construit au jour le jour, un amour qui impose des compromis, un amour qui nous tire vers le haut, un amour qui nous emporte, un amour qui nous sort la tête de l’eau parfois, un amour dont les faiblesses font la force.

Tu m’as appris à me détacher des situations qui me rongeais,
Tu m’as appris à ouvrir mon esprit,
Tu m’as appris à aller vers les autres et à me forger mon propre jugement,
Tu m’as appris à être moins exigeante envers moi-même,
Tu m’as appris à m’intéresser à des univers loin du mien,
Tu m’as appris à prendre du recul et à relativiser,
Tu m’as appris à m’endurcir,
Tu m’as appris à faire confiance..

Je suis amoureuse de toi, malgré ton pessimisme qui m’agace au plus au point, je te le dis, je t’aime quand même.

Parfois on se bat l’un contre l’autre, nos idées opposées nous explosent au visage mais, au final, nous soudent bien plus qu’elles ne nous éloignent. Nos contradictions nous lient l’un à l’autre. On a traversé vents et marrées, on a vécu à des milliers de kilomètres, on a souvent été en désaccord, on a appris l’un de l’autre, on a su trouvé une stabilité, notre équilibre, depuis bientôt 8 ans.

Voilà, voilà… En ce jour de St Valentin une petite déclaration s’imposait… 🙂 oui je sais ça ne me ressemble pas, mais bon, j’ai misé sur l’effet de surprise !! Vous l’attendiez pas celle-là, avouez !!! Disons que c’est ma contribution aux défis du jeudi de Sysyinthecity et de MaCyMa 🙂 (ni vu, ni connu, j’t’embrouille).

Bref je suis pas trop pour fêter la St Valentin.. Qui pour moi est plus une opération marketing slash commerciale slash pour-que-les-fleuristes-s’en-mettent-plein-les-poches… Mais je trouve simplement l’occasion belle de se rappeler qu’on était aussi deux avant d’être trois.. Et qu’entre les couches, les biberons, les chutes, les rires, les pleurs, on a plus trop le temps de se le dire.. Donc, pour le coup, aujourd’hui plus d’excuses !!!

Même si je suis plutôt partisane des petites attentions improvisées… (Mais avec un Ours à la maison qui trouve que le “romantisme” est un précepte obsolète… Disons que c’est pas gagné)… Ok, je suis mauvaise langue.. Une fois par an, (en année bissextile on double!) j’ai droit à un petit geste inattendu et maladroit .. Et, entre nous, je l’apprécie encore plus, s’il se manifeste sans occasion particulière.