Premiers mots, entre fierté et embarras…


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Pichou a commencé à parler à ses deux ans. À vraiment parler. Parce que “mamamaamamamama bababouiiiliiiimmmmmmmm”, il n’y a que dans l’esprit d’une maman que ça veut dire “maman je t’aime”. Faites moi confiance.

Bon, je passe sur les premiers mots, disons “basiques”, mais qui, je vous l’accorde, nous font sortir les mouchoirs (ou flooder les fils d’actus, c’est selon)… “ma-man” (hooooooooo) (“encore ma chérie” “pa-paaaa” #etbim #tellementprévisible)… Croyez moi la larme sera vite ravalée quand ces deux si jolies et magiques syllabes se transformeront en bourdonnement latent au quotidien, ronronnement continuel et omniprésent (et sinon, ça ressemblait à quoi, déjà, le silence??) … Bref je m’égare. Les premiers mots de nos têtes blondes, ce doux moment de plénitude où ta fierté de maman atteint son paroxysme (enfin, ça, faut pas le dire trop vite !)

Bon, sachez le, certaines lettres sont plus compliquées à prononcer que d’autres… Ainsi le T sera souvent remplacé par le C. Jusque là tout va bien. “C’est Cro bon maman” ça reste mignon tout plein pas vrai? … Et vous voyez ce que ça peut donner quand le V est remplacé par un B… Non? Vraiment? Baaa ça donne en plein magasin une tête d’ange qui hurle “biiiiiiiiite maman, biiiiiiiiiiiiiite” … En sachant que le B est bien accentué et que la phrase tourne en boucle, (baaa oui , sait-on jamais, au cas où la mamie du rayon épicerie n’ait pas entendu)… Et face aux regards inquisiteurs (“oui trésor on fait vite, VVVVVV-ite)”, il ne te reste plus qu’à remballer tes courses et partir te réfugier derrière tes vitres teintées.

Et puis il y a le moment où en plus d’avoir honte et bien t’as pas d’issue de secours. Tu peux t’en prendre qu’à toi même. Et tu t’en sortiras pas avec une pirouette-double saut piqué. Non, non, non… Tu seras grillée avant même d’avoir commencé !
“Putain(g) !!!” (ouais y’a l’accent et tout)
-“Oui ma Loulou poulain. Poulain, loulou”
#hem!

Il y a aussi les mots compliqués à prononcer… Qui donnent lieu à des malentendus plutôt surprenants ! Loulou en train de manger l’apéro et qui tend une pistache à ma maman pour qu’on la lui ouvre.
– Loulou : “merci coquille”
– Ma maman : “ha bon, je m’appelle coquille?”
– Loulou : “non, toi c’est Pétasse”
– “CO-MMENT??”
– “Mais oui pétasse!!!!!” En secouant du bout de ses petits doigts l’objet du délit.
#fourire #pétasse=pistache

Parfois il vous faudra le décodeur… Ainsi j’ai su que “papayajo” signifiait le parasol jaune, “payat” l’iPad, ou encore que notre perroquet “kasuku” s’est vu rebaptisé “Sacado” #cherchezpasyapasdelogique :).

Et puis enfin il y a le coeur qui fond :

“Toi t’as des cheveux hein maman? Papa, lui, il a pas de cheveux.. Il a que des poils sur la tête”

“Tu veux une groseille ma chérie?”
“Mais non maman, ça c’est pas une groseille, c’est une Petite Zeille”

“Maman, je t’aime le plus fort du monde au ciel”

Et chez vous? C’est comment?

Ha oui, elle chante aussi #derien !

2 ans… et il s’en allé, le temps…

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Il est parti le temps… Sans se retourner, sans laisser un mot, sans dire au revoir. Il est parti en un battement de cil comme on claque une porte, comme on corne une page… Il est parti et a emporté dans son baluchon aux souvenirs toutes les premières fois magiques, les premiers frissons, mes premières émotions.

Il s’en est allé si vite que déjà les images se brouillent. Fugaces instants de vie éphémère. Il a emporté avec lui la sensation des 02kg8 de bonheur déposé au creux de mes bras le 29 septembre 2011. Je ne les entends plus résonner en moi ces premiers cris qui accueillent la vie et qui me rendaient si vivante. Ce tsunami d’émotions qui submerge les premiers jours s’est lissé, naturellement, spontanément.

Sans que je ne m’en rende compte, le temps qui passe me transporte dans son tourbillon quotidien charriant avec lui mes incertitudes et mes angoisses de jeune maman débutante.

Il s’en va le temps. Il ne nous attend pas.

Deux ans déjà.

Parfois je voudrais le rattraper dans sa course folle, l’implorer de me laisser encore quelques minutes regarder la danse des mains de mon nourrisson qui dort.

Et puis, soudain, un éclat de rire.

Ce rire de petite fille qui m’arrache à mes pensées et me rappelle simplement de profiter de l’instantanéité du moment présent. Cet instant temporaire, merveilleux, à saisir à pleine mains… Et à savoir laisser s’échapper aussi…

Deux ans, 13 kg et 16 tetines plus tard, l’épreuve du temps continue d’inonder mon coeur. D’un amour absolu. Alors il peut bien continuer de fouler les événements de ma vie, je sais que dans sa course urgente, et, sous son allure de d’homme pressé, il m’en réserve encore … de belles surprises !

2 ans, ce n’est peut-être qu’une poussière, mais dans le coeur d’une maman… C’est tellement plus !

*crédit photo*

Pas de doudou … (Quoi que)

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Je me revois encore enceinte chinant les magasins à la recherche DU doudou de futur bébé… Je le voulais doux et plein de tendresse, ce petit compagnon de ses nuits (réaction typique de la nullipare qui crois qu’elle pourra décider elle-même de qui sera le fidèle allié de bébé, enfin, passons…). J’avais donc choisi une petite peluche que je trouvais adorable, cotonneuse comme un nuage et à l’allure rassurante. Une fois bébé né, je lui ai mis dans son berceau, dans ses bras, dans son siège auto, partout avec nous et tout le temps… Doudou que je retrouvais finalement au fond du lit au petit matin (la tête coincée entre deux barreaux), étalé par terre avec des morceaux de boudoirs pré-mâchés dans les oreilles, ou servant de bombe et/ou fusée et/ou roquette (non je ne parle pas de salade) en cas de colère…

Bon, après j’ai décidé d’affronter la réalité en face, peut-être, effectivement, que le doudou choisi par maman (après des heures de recherches, de brainstorming, d’études comparatives, de benchmarking, de sondages (je continue ou vous avez saisi?…) n’était tout simplement pas à son gout? MAIS vu que tout le monde m’a toujours parlé de l’importance (primordiale, vitale !!) d’avoir un doudou, je me suis dit qu’il allait falloir persévérer.

Aux grands maux, les grands remèdes… Invasion du lit de Pichou de centaines de doudou (merci les cadeaux de naissance). Elle avait devant elle un choix digne du rayon yahourt d’Auchan… Des colorés, des neutres, des extravagants, des traditionnels, des musicaux, des bio… Tous ignorés !

Bref, j’ai laissé tombé… Elle ne semblait manquer de rien, réclamait juste mes doigts pour s’endormir, et dans son lit un simple trio de petites veilleuses musicales ne l’ont plus quittées. Winnie, sa luciole, et sa poupée….

Haaaa sa poupée !!!!!

C’est à exactement 23 mois qu’elle a décidé que ce serait ELLE, son choix, son doudou. Elle n’est pas douce, elle n’est jamais propre à force de trainer par terre, elle est chauve (sans son bonnet)(et comme elle le perd tout le temps)… Mais elle l’aime d’amour ! Donc depuis un mois, je dois donner une bouchée à poupée puis à Léa (les repas sont longs), je dois trouver un système pour attacher et Léa et poupée dans le siège auto, et pour le bain j’ai réussi à négocier que poupée reste assise sur un petit tabouret pendant que Loulou l’éclabousse en éclat de rire…

Aujourd’hui elle dort avec bébé, elle joue avec bébé, elle mange avec bébé… Je redoute déjà le moment où sa poupée s’égarera… Finalement sans doudou on était aussi sans soucis 🙂

Et vous? Doudou ou pas doudou?

1er round | culotte 1 / couche 0 | victoire par KO

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Je ne voudrais surtout pas crier victoire trop vite, loin de moi cette idée (ndlr : la fille avait déjà envoyé des cartons à toute sa famille, appelé en avant-première sa maman avec face-time histoire de lui faire vivre l’action en direct, relayé l’info sur Facebook, twitter et G+) … MAIS, je crois qu’on tient le bon bout !!! Depuis un mois et demi, mon tout petit bébé fait ses pipi sur le pot…

Le pot j’avais vaguement commencé à le lui inculquer quand on était encore expatriés en Afrique (aux alentours de ses 14 mois)…

Chaleur/fesses-à-l’air/toussa,toussa…

Je me disais que c’était le moment parfait… Mais non… (une maman ne peut pas TOUJOURS faire confiance à son instinct [ou aux conseils extérieurs] [je le sentais bien, moi, que c’était trop tôt])… Bref… Elle savait désormais ce qu’était un pot, devait sans doute avoir une vague idée de son utilité, mais ne voulait pas s’en approcher.. J’ai voulu lui montrer comment s’y asseoir, elle a du se sentir forcée, combinaison parfaite pour une peur irrationnelle du mini-trône… Après plusieurs tentatives infructueuses (5 jours serpillière à la main, à faire tourner 3 machines quotidiennes, sans oublier les gamelles dans les flaques oubliées) j’ai décidé de laisser tomber et surtout de laisser du temps au temps… Résolution adoptée !!

(NB : le pot est malgré tout resté dans notre quotidien, je lui en parlais souvent, le montrais, essayais de jouer avec histoire de “désacraliser” l’objet)

Et puis en début de mois dernier, je la change et tout bêtement je lance “on remet une couche ?” Et là je la vois me regarder de son air malicieux, les yeux rieurs, et secouer énergiquement sa tête de gauche à droite pendant que ses cheveux balayent son visage… Ni une ni deux je saute sur l’occasion. “Ok, alors si on met pas de couche tu vas chercher le pot et tu fais pipi sur le pot”… Et là je la vois courir vers le salon, amener son pot dans la chambre, s’installer dessus et y faire sa première toute petite mare personnelle (je vous en parle de mes roulements d’épaules? De mon émotion de maman aux yeux humides? Et de mes petits cris hystériques “bravooooooooooo mon bébé, bravooooooooo, t’es la plus foooooooooorte, c’est géééééééniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiial” (et là c’est le mode raccourci *1000))… Bref à la suite de ça je décide de faire confiance au célèbre adage “il faut battre le fer tant qu’il est chaud” et la laisse les fesses à l’air lui répétant à quelque chose près toutes les 30 secondes “pipi sur le pot hein Lea”… Si finalement elle a très vite compris le principe du pot, le plus dur a été d’apprendre à se retenir. Pour l’aider, je l’ai laissé les fesses à l’air dans la maison pendant 3 jours, après quelques essais manqués, elle a vite compris le principe… Et en ce qui concerne les nuits, j’ai remarqué que les couches étaient sèches au réveil… Ok, désolée Pampers, fidèle allié, mais je me suis vue dans l’obligation (vous entendez le soupir de soulagement) de t’abandonner (et ma carte bleue m’en remercie encore!)…

Désormais je me balade partout avec mon pot … Quand on fait des courses, quand on va chez des amis, et même quand je me dois me rendre à une réception à l’ambassade pour fêter le sacre de notre nouveau Roi… Comme quoi le petit pot vert pomme complète parfaitement bien le look d’une maman de gala : talons de 12/zirco dans les oreilles et chignon bouffant 🙂 (allez, soyez cool, laissez moi y croire!)

Bref, moi qui était une grande stressée à l’idée de l’approche du moment fatidique de la propreté de bébé, je me suis laissée surprendre par la simplicité de la situation. Si aujourd’hui je passe encore mes journées à répéter en boucle “pipi c’est sur le pot hein loulou”, et que je dois parfois passer un coup de serpillière, je reste super fière de ma petite fille de 20 mois qui grandit tellement vite, et qui acquiert finalement son autonomie seule…

Et sinon, comment ça se passe les nuits d’un bébé qui voyage ?

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Depuis l’arrivée de notre Pichou on mène une vie de nomade. On ne s’arrête pas. Jamais la même chambre, jamais le même lit, jamais la même maison… Des environnements diamétralement opposés, des nouvelles têtes constamment, un entourage qu’il est difficile de s’approprier tant il est changeant.

Elle m’a fait ses nuits à deux mois (je vous en parlais ici et ici), et c’est à ses cinq mois qu’on a vraiment commencé à la chambouler “géographiquement” parlant.

Je suis partie au Rwanda chez mes parents pendant que Grizzly préparait notre arrivée au Nigéria. Dépassée par les événements et ne supportant pas ses larmes, j’ai dormi avec elle pendant trois mois. À mon retour en France elle a accepté de retourner dans son lit (qui était dans notre chambre, faute d’espace). Et puis on est partis tous ensemble au Nigéria. Je l’endormais dans mes bras, la déposait dans son lit et la récupérait dans le nôtre au premier pleur la nuit. Je sentais qu’elle avait besoin de réconfort et n’avais pas le coeur de la forcer à dormir dans son lit. Puis j’ai continué mes allers-retour Nigeria/Rwanda avec toujours le même scénario. À ses 1 an, elle a (enfin!) eu sa chambre au Nigéria et j’ai pris la décision de l’y faire dormir. Après deux nuits de pleurs (20 minutes au moment du coucher…20 longues minutes où j’avais l’impression qu’on m’arrachait le coeur) sa chambre s’est officialisée. Elle me réclamait le coucher. On avait notre rituel. Tout se passait bien. Et puis il a fallu rentrer en France. Vu notre situation professionnelle, on loue des meublés au mois, et donc on change de maison souvent. J’ai l’impression qu’à chaque maison, un nouveau rituel s’impose. Quand parfois elle a besoin de moi jusqu’à ce que ses yeux se ferment, d’autres fois je dois sortir de la chambre en douce pour éviter les pleurs… J’ai surtout remarqué que finalement quoi que je fasse elle a besoin d’au moins deux semaines d’acclimatation. Pendant ces deux semaines j’ai peur de l’échec… Je me dis qu’encore une fois tous mes efforts vont être réduits à néant… Je m’en veux de lui imposer ce rythme…

Et puis quand je vois qu’elle ne secoue plus la tête quand je lui dis qu’on va au lit. Quand je la regarde chercher sa veilleuse pour l’installer dans son lit. Quand je ne dois pas m’enfuir de la chambre mais que je peux lui poser un baiser sur le front et lui souhaiter bonne nuit tout en fermant sa porte. Quand je n’entends aucun cri. Quand je repasse la tête discrètement 15 minutes plus tard et que je la vois dormir si paisiblement, je me dis que je peux être fière de nous.

Fière de ma patiente, fière de son adaptabilité…

À maman qui voyage je lui dis qu’il faut de la patiente, qu’il faut rassurer bébé tout en lui proposant sa chambre et des rituels, qu’il faut l’entourer de quelques repères qui lui sont familiaux et qui pourront vous suivre (la même luciole, le même tour de lit, la même veilleuse…). Ne pas baisser les bras, ne pas renoncer… Bébé a besoin de sa chambre, papa/maman aussi !

PS : je repenserai à lire cet article lors de ma prochaine crise d’angoisse quand je serai découragée par les premiers couchers difficiles d’une nouvelle maison 🙂

PS 2 : mais quel bonheur d’aller la chercher dans son lit le matin et de lui grappiller des câlins dans notre lit le temps du biberon 🙂

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Du linge propre et une maman lessivée

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Dans la catégories “joie d’être maman” j’ajoute les lessives !!

Je ne compte plus les milliers de body que j’ai déboutonné et reboutonné (d’ailleurs big big up à l’inventeur des pressions!), je ne compte plus mes courses infernales derrière des centaines de chaussettes orphelines à la recherche de leur double, je ne compte plus non plus le nombre de pinces à linge que j’ai clipsés et déclipsés….

Parce qu’après les débuts et leur phase rot-vomis, on a les joies du 4 pattes et des genoux sales, et puis après ils veulent manger seuls et tu te retrouves avec des tâches de purée de carottes jusque dans le dos de leurs-petites-tuniques-si-mignonnes (WTF??) … Bref, si tu arrives à leur maintenir une tenue sur la journée, t’es trop dans la place !!!!

En fait, depuis que je suis maman, j’ai l’impression de passer plus de temps la tête dans la machine à laver qu’ailleurs. Et vas-y qu’on trie les affaires de bébé des nôtres, le blanc de la couleur, qu’on traque les tâches à coup de Vanish (accessoirement tu te muscles les phalanges à force de scander des pshiiiit … et encore et encore), tu lances ta machine à 60°, tu profites de ton heure et demi de repos ( par repos entendez rangement des Duplos semés partout dans la maison, balayage et nettoyage d’un reste de boudoir pré mâché derrière le bureau de la chambre, et j’en passe). Généralement c’est au moment où, sourire aux lèvres (la naïve!), tu poses tes fesses sur le canapé avec ton thé bien chaud que t’entends résonner la douce mélodie de ta machine qui te prévient que tu peux bouger tes petites fesses pour la vider avant qu’elle ne s’empresse de couvrir l’odeur de soupline par un vieux fumet de moisi (enjoy)…

Et là si t’as pas de sèche linge, t’as le droit de pester contre ta pauvre condition de maman has been… Tu prends ton courage à deux mains, pour tout sortir, tout secouer (technique infaillible pour un défroissage dans les règles qui te permettra peut-être même d’éviter la case repassage), tout étendre (espérer qu’il ne pleuve pas), détendre, et … plier, plier, pli….

Tout ça pour que dans les cinq minutes qui suivent tu retrouves ton linge précieusement plié et rangé en boule par terre… De rien, ce fût un plaisir ! #j’aime-ma-vie-de-maman

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Ma fille ne parle pas.. Elle dit Koka !

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À 18 mois, on a envie de les voir évoluer encore et encore nos petits bouts… Et c’est toujours avec autant d’émerveillement qu’on les regarde acquérir leur autonomie. Ce qui m’épate le plus, reste leur faculté à nous imiter et comprendre nos gestes, futiles ou non, du quotidien sans qu’on ne leur les ai inculqué. C’est comme ça que, il y a quelques jours, quand j’ai dis au Grizzly : “mon téléphone est mort, faut que je le fasse charger”. J’ai vu ma toute petite fille se diriger malicieusement vers la maison et me ramener mon câble USB posé sur ma table de nuit. Ou encore quand j’ai dis autour d’un apéro à une copine enceinte : “ha moi pendant ma grossesse, j’étais devenue accro au chocolat”… j’ ai entendu, dans les 30 secondes qui ont suivi, un petit chouinement devant le frigo dans l’attente de recevoir un oeuf qui serait resté planqué au frais après la venue des cloches. Comme quoi, elle arrive même à capter les petits mots innocents lancés au cours d’une conversation d’adulte. Ces petits riens me rendent toute chose, et je fais doucement le deuil du nourrisson… Ma fille grandit, observe, comprend !

… Mais Petite Loulou semble prendre son temps en ce qui concerne la parlotte. Du moins, elle ne fait pas encore trop d’efforts pour se faire comprendre “linguistiquement parlant”… Parce que pour le reste, se faire comprendre, elle sait faire !

À coup de non déterminé avec une rotation de la tête parfaitement maitrisée appuyé de ses petits bras croisés sur le ventre… À coup d’hochement de tête quand elle est finalement décidée… À coup de pointages de doigts et de mimiques dont elle seule a le secret …

À part ça, elle se raconte beaucoup de choses dans un langage où les consonnes se bousculent les unes aux autres (peut-être tente elle de communiquer en croate?)… Quoi qu’il en soit, elle enchaine les monologues… Et moi pauvre maman que je suis, j’ai encore des difficultés à traduire tout ça… Elle enchaine les gestes et les grandes démonstrations quand je me contente d’hocher gentiment la tête.. Pas l’air convaincue pour un sou, elle part en direction de son papa tenter sa chance. Pas bien plus aidé, elle finit par renoncer, prend ses jouets et discute alors avec eux.. Beaucoup plus dociles j’imagine.. Et au moins elle ne s’heurte pas à deux yeux écarquillés partagés entre l’amusement et l’incompréhension.

Si les copines de son âge commencent doucement à balbutier des “je t’aime” et des décomptes de 1 à 5… Elle se limite à quelques timides “mama” “papapapapa”.. Récemment le fameux “caca” est venu rejoindre son joyeux vocabulaire et puis surtout son mot fétiche reste “koka” qu’elle prononce à la perfection et avec une certaine détermination étonnante. Je ne sais pas ce qu’il signifie pour elle, mais en tout cas ça m’a l’air bien important !

Une histoire de mains

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Mains tendues,
Mains dansantes,
Mains joueuses…

Entre nous ça a toujours été une grande histoire de mains. Instinctivement déjà à sa naissance, ses toutes petites mains fripées cherchaient constamment à attraper un ou deux de mes doigts. Elle les serrait fort tout en s’endormant.

Mains fatiguées,
Mains posées,
Mains aimantes…

Elle a rapidement pris l’habitude d’étirer ses longs doigts comme un appel au contact, à la douceur d’une caresse. C’est pour moi le signal irréfutable d’une envie de sommeil imminente. C’est devenu un rituel précieux entre nous, à nous…

Mains douceur,
Mains chipies,
Mains tendresse…

Pour mon bébé, il n’y a pas de doudou qui tienne… Pour être rassurée, apaisée, il lui suffit de venir chercher mes mains. Elle entrelace ses petits doigts dans les miens, fait des noeuds, les tortille… Dans ces moments là, il n’y plus que maman (enfin ses phalanges en somme) qui tienne… Et quand maman n’est pas là, elle s’accommode volontiers des mains délicates de ses grands-parents …

Mains de bébé,
Mains de maman,
Mains d’amour…

Quand on prend la décision de se rendre aux urgences pédiatriques

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Un bébé qui vomit… Ça peut arriver… on laisse passer, en restant vigilant et en l’hydratant..
Quand bébé vomit 10 fois dans une journée, ça peut commencer à inquiéter…

Un bébé qui a de la fièvre… Ça peut arriver… On surveille sa température (souvent) … en analysant son comportement.. Si bébé continue à faire sa petite vie tranquillement malgré une poussée de fièvre, en règle générale, c’est pas encore l’heure de se faire du souci (ça tombe bien, j’avais session shopping)!
Quand bébé a des poussées à plus de 39, qu’il est éteint et collé à sa maman alors que d’ordinaire il est plutôt indépendant.. Ça peut suffire pour faire grimper l’inquiétude maternelle à son sommet !

Combinez les deux paramètres, ajoutez y un retour des pays tropicaux.. Et vous obtenez le portait d’une maman tourmentée, perdue, affolée se rongeant les ongles jusqu’au sang (ou se faisant sauter ses capsules tout fraichement posées – au choix) prenant sans même chercher plus loin la direction des urgences pédiatriques !

C’était la semaine dernière.. Je me souviens de chaque détail. À la sortie du TGV, ma fille brulante..
Arrivés à la maison: 39.8 de fièvre.
En voiture elle n’arrivait même plus à tenir sa tétine en bouche.

On fonce direction l’hôpital de Laveran (spécialisé dans les maladies tropicales) à Marseille en se disant qu’ils seraient les plus à même de prendre en charge ma puce … Malheureusement ils n’avaient pas de services pédiatriques.. Donc ils l’ont quand même ausculté, vérifié qu’il n’y avait pas d’urgence vitale, et nous ont envoyé à l’hôpital Nord..

Sur chacun des trajets, je ne vous explique même pas les mille et une pensées qui ont traversés mon esprit terrifié… Pensant déjà au pire avec une malaria qu’on aurait laissé trainer !

Arrivés aux urgences pédiatriques, nous avons rapidement été pris en charge… Expliqué maintes et maintes fois notre parcours et nos inquiétudes.. Inquiétudes rapidement partagées par les différents médecins que nous avons été amenés à rencontrer…

On nous annonce qu’elle va subir un bilan sanguin complet, analyse des selles et des urines, et la fameuse goute épaisse.

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Une fois les prélèvements effectués, on nous annonce une attente de 3h pour les résultats.. Bizarrement à ce moment là j’étais plus sereine. Mon bébé avait été examiné, s’était enfin endormi… Et il ne nous restait plus qu’à attendre..

Et puis..

2h du matin, le pédiatre nous demande de rentrer dans la chambre, de nous asseoir, elle doit nous parler.

J’ai le feu aux joues, le coeur qui cogne, les larmes qui montent… J’arrive même plus à me contrôler.. Alors que rien ne nous a encore été dit (Coeur de maman chamallow) !

Elle nous explique simplement (à ce que j’ai cru comprendre entre les lignes et en déchiffrant leur jargon médical comme si nous aussi on sortait de 7 années d’études spécialisation- termes-incompréhensibles) : il y a un truc bizarre aux niveau des analyses sanguines, on ne sait pas quoi. Le labo pour la goute épaisse est fermé la nuit. Va falloir faire des examens complémentaires. Il faut l’hospitaliser. On doit la perfuser. Merci. À demain !

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Waow, prends toi ça dans les dents, digère le, essaye de refaire surface, récupère un semblant de dignité, assure, t’es une maman m*rde !

Bref, on monte en chambre. On passe une nuit agitée. Avec un seul lit accompagnant et un lit cage pour bébé.. On s’est retrouvé le lendemain matin avec un Grizzly qui avait passé la nuit à même le sol, et moi contorsionnée dans le lit accompagnant pour faire un peu d’espace à une Loulou enroulée à sa perf.

Pas de nouvelles des médecins jusque 17h.. Autant dire que l’attente était interminable.. Heureusement je voyais que ma fille reprenait du poil de la bête.. Recommençait ses sourires de clown.. Avait envie de bouger.. Bref je regagnais confiance.

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À 17h on nous annonce que la malaria est définitivement écartée (je fonds de soulagement), et qu’ils vont continuer à chercher dans les maladies tropicales (typhoïde etc…). On nous annonce aussi qu’on devra encore surement rester en observation encore au moins 48h. La nuit l’équipe baisse le débit de la perfusion, elle refait une poussée de fièvre, on lui administre du Doliprane, elle dort comme un ange.

Le lendemain, le médecin d’astreinte nous rend visite. On lui explique les événements.. Il nous rassure en nous disant que les maladies tropicales les plus communes sont écartées. Qu’elle a surement attrapé un virus dans l’air.. Qu’on va lui enlever sa perf dans la matinée, et qu’on pourra partir à midi (????). Entre un médecin qui voulait nous garder encore au minimum 48h et lui qui nous relâche le lendemain matin.. Y’a comme une incohérence.. Mais voyant ma fille courir partout en l’absence de sa perf, retrouvant sa joie de vire.. J’ai pas hésité, fais mes valises, et pris le chemin du retour home-sweet-home.

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10h aux urgences, 48h à l’hôpital, un bébé perfusé, un coeur de maman ayant subi un sacré yoyo émotionnelTout ça pour ne pas avoir su finalement ce qui l’a tracassée.. Mais le principal dans le fond était d’avoir une réponse négative associé aux maladies tropicales… Ça, c’est fait !

Serais-je capable de l’aimer autant?

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J’ai toujours su qu’un jour je serai maman… Je nourrissais cette envie tout secrètement au fond de moi. J’ai toujours su déceler ce quelque chose de terriblement épanouissant sur le visage d’une femme enceinte. Je voulais moi aussi connaitre cette douce sensation de porter un ventre rebondi pour tenir 9 mois plus tard l’union de notre amour contre mon coeur.

Et puis je me suis mise à m’imaginer que je ne pourrai jamais avoir d’enfant vu la dextérité (ironie ++++) avec laquelle je prenais ma pilule sans jamais avoir à courir acheter un test.

Sauf ce jour là. Ce jour, où j’ai lu : enceinte 3+. Ce petit jour, où ma vie a basculé.

J’ai commencé à l’aimer ce petit-bout-de-nous pendant ma grossesse.. D’un amour timide, unilatéral, perplexe…

Et puis, quand au bout de quelques efforts, je l’ai tenue pour la première fois tout contre mon coeur, je me suis immédiatement sentie maman, comme si je l’avais toujours été. Je l’aimais déjà d’un amour infini alors que nos regards venaient à peine de se croiser.

Un amour entier, un amour inébranlable, un amour absolu.

D’un amour si puissant, si étrange, si inexplicable, que je pense que seule une autre maman peut comprendre. Un amour que je pourrais décrire comme indivisible.

Dans mon imaginaire de petite fille je rêvais d’avoir trois enfants. Confrontée à la réalité de la maternité (entendez : à la sauvegarde de mon capital sommeil) je me dis que deux ce sera déjà pas mal.

**Je le désire ce deuxième bébé.
**Enceinte je savais déjà que je voulais revivre l’aventure.
**Quand je regarde ma fille, j’ai envie de lui offrir un frère ou une soeur…

On en parle avec le Grizzly, souvent.

Pourtant au fond de moi j’ai toujours cette petite crainte infondée? inavouée… Une petite voix que je fais taire mais qui me déstabilise pourtant… Avec toujours la même question en boucle : serais-je capable de l’aimer autant?

Je suis sûre que les deux barrettes bleues de mon prochain Clear Blue viendront balayer mes doutes… En attendant je vais peut-être arrêter les questions existentielles pour me focaliser sur quelques chose de plus pragmatique.. D’ailleurs à ce propos, qu’est ce que je vais bien pouvoir faire à manger ce soir?