Pas de doudou … (Quoi que)

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Je me revois encore enceinte chinant les magasins à la recherche DU doudou de futur bébé… Je le voulais doux et plein de tendresse, ce petit compagnon de ses nuits (réaction typique de la nullipare qui crois qu’elle pourra décider elle-même de qui sera le fidèle allié de bébé, enfin, passons…). J’avais donc choisi une petite peluche que je trouvais adorable, cotonneuse comme un nuage et à l’allure rassurante. Une fois bébé né, je lui ai mis dans son berceau, dans ses bras, dans son siège auto, partout avec nous et tout le temps… Doudou que je retrouvais finalement au fond du lit au petit matin (la tête coincée entre deux barreaux), étalé par terre avec des morceaux de boudoirs pré-mâchés dans les oreilles, ou servant de bombe et/ou fusée et/ou roquette (non je ne parle pas de salade) en cas de colère…

Bon, après j’ai décidé d’affronter la réalité en face, peut-être, effectivement, que le doudou choisi par maman (après des heures de recherches, de brainstorming, d’études comparatives, de benchmarking, de sondages (je continue ou vous avez saisi?…) n’était tout simplement pas à son gout? MAIS vu que tout le monde m’a toujours parlé de l’importance (primordiale, vitale !!) d’avoir un doudou, je me suis dit qu’il allait falloir persévérer.

Aux grands maux, les grands remèdes… Invasion du lit de Pichou de centaines de doudou (merci les cadeaux de naissance). Elle avait devant elle un choix digne du rayon yahourt d’Auchan… Des colorés, des neutres, des extravagants, des traditionnels, des musicaux, des bio… Tous ignorés !

Bref, j’ai laissé tombé… Elle ne semblait manquer de rien, réclamait juste mes doigts pour s’endormir, et dans son lit un simple trio de petites veilleuses musicales ne l’ont plus quittées. Winnie, sa luciole, et sa poupée….

Haaaa sa poupée !!!!!

C’est à exactement 23 mois qu’elle a décidé que ce serait ELLE, son choix, son doudou. Elle n’est pas douce, elle n’est jamais propre à force de trainer par terre, elle est chauve (sans son bonnet)(et comme elle le perd tout le temps)… Mais elle l’aime d’amour ! Donc depuis un mois, je dois donner une bouchée à poupée puis à Léa (les repas sont longs), je dois trouver un système pour attacher et Léa et poupée dans le siège auto, et pour le bain j’ai réussi à négocier que poupée reste assise sur un petit tabouret pendant que Loulou l’éclabousse en éclat de rire…

Aujourd’hui elle dort avec bébé, elle joue avec bébé, elle mange avec bébé… Je redoute déjà le moment où sa poupée s’égarera… Finalement sans doudou on était aussi sans soucis 🙂

Et vous? Doudou ou pas doudou?

Et sinon, comment ça se passe les nuits d’un bébé qui voyage ?

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Depuis l’arrivée de notre Pichou on mène une vie de nomade. On ne s’arrête pas. Jamais la même chambre, jamais le même lit, jamais la même maison… Des environnements diamétralement opposés, des nouvelles têtes constamment, un entourage qu’il est difficile de s’approprier tant il est changeant.

Elle m’a fait ses nuits à deux mois (je vous en parlais ici et ici), et c’est à ses cinq mois qu’on a vraiment commencé à la chambouler “géographiquement” parlant.

Je suis partie au Rwanda chez mes parents pendant que Grizzly préparait notre arrivée au Nigéria. Dépassée par les événements et ne supportant pas ses larmes, j’ai dormi avec elle pendant trois mois. À mon retour en France elle a accepté de retourner dans son lit (qui était dans notre chambre, faute d’espace). Et puis on est partis tous ensemble au Nigéria. Je l’endormais dans mes bras, la déposait dans son lit et la récupérait dans le nôtre au premier pleur la nuit. Je sentais qu’elle avait besoin de réconfort et n’avais pas le coeur de la forcer à dormir dans son lit. Puis j’ai continué mes allers-retour Nigeria/Rwanda avec toujours le même scénario. À ses 1 an, elle a (enfin!) eu sa chambre au Nigéria et j’ai pris la décision de l’y faire dormir. Après deux nuits de pleurs (20 minutes au moment du coucher…20 longues minutes où j’avais l’impression qu’on m’arrachait le coeur) sa chambre s’est officialisée. Elle me réclamait le coucher. On avait notre rituel. Tout se passait bien. Et puis il a fallu rentrer en France. Vu notre situation professionnelle, on loue des meublés au mois, et donc on change de maison souvent. J’ai l’impression qu’à chaque maison, un nouveau rituel s’impose. Quand parfois elle a besoin de moi jusqu’à ce que ses yeux se ferment, d’autres fois je dois sortir de la chambre en douce pour éviter les pleurs… J’ai surtout remarqué que finalement quoi que je fasse elle a besoin d’au moins deux semaines d’acclimatation. Pendant ces deux semaines j’ai peur de l’échec… Je me dis qu’encore une fois tous mes efforts vont être réduits à néant… Je m’en veux de lui imposer ce rythme…

Et puis quand je vois qu’elle ne secoue plus la tête quand je lui dis qu’on va au lit. Quand je la regarde chercher sa veilleuse pour l’installer dans son lit. Quand je ne dois pas m’enfuir de la chambre mais que je peux lui poser un baiser sur le front et lui souhaiter bonne nuit tout en fermant sa porte. Quand je n’entends aucun cri. Quand je repasse la tête discrètement 15 minutes plus tard et que je la vois dormir si paisiblement, je me dis que je peux être fière de nous.

Fière de ma patiente, fière de son adaptabilité…

À maman qui voyage je lui dis qu’il faut de la patiente, qu’il faut rassurer bébé tout en lui proposant sa chambre et des rituels, qu’il faut l’entourer de quelques repères qui lui sont familiaux et qui pourront vous suivre (la même luciole, le même tour de lit, la même veilleuse…). Ne pas baisser les bras, ne pas renoncer… Bébé a besoin de sa chambre, papa/maman aussi !

PS : je repenserai à lire cet article lors de ma prochaine crise d’angoisse quand je serai découragée par les premiers couchers difficiles d’une nouvelle maison 🙂

PS 2 : mais quel bonheur d’aller la chercher dans son lit le matin et de lui grappiller des câlins dans notre lit le temps du biberon 🙂

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